Jour 1 : A tire d'Ailes froides
Le petit hameau d'Ailefroide est situé à la jonction de deux anciennes vallées glacières qui sont maintenant creusés rive gauche par le Saint Pierre, et rive droite par le Celse Niere. Les deux torrents se rejoingnant en aval d'Ailefroide. Le tout est situé dans la commune de Pelvoux (en face du sommet du même nom), qui porte très bien son nom, vu que c'est aussi le nom d'un des sommets les plus célèbre des Alpes. D'ailleurs le terme de massif du Pelvoux était encore utilisé par les anciens lors de mes premiers pas sur le pré saint-didier (fournel). On a cru pendant des siècles que le Pelvoux était le sommet le plus élevé des environs, voir du massif. Grosse erreur ! Il aura fallu attendre Victor Puiseux et son ascension de1848 pour réaliser que le mont Pelvoux ne faisait que 3946 m. Les romains ont bien eux aussi cru que le Mont Viso était le plus haut sommet des Alpes, et donc fait une erreur de près de 1000 mètres.

Ailefroide en 1910
Aujourd'hui une confusion demeure. Si on ne parle plus de massif du Pelvoux, on parle encore de massif des Ecrins, voir Pays des Ecrins (appelation touristique qui ne veut rien dire) et enfin de l'Oisans.
Je suis arrivé sur les coups de 10 H du matin. Avec près de 8 heures de route, je me suis posé une fois de plus dans le camping d'Ailefroide. Cette fois, une belle blonde m'attendait sur le prés. Bon il y avait aussi mes parents dans un coin du camping, et un jeune grimpeur assez motivé.
Le matin avait été assez frais pour les campeurs. Du givre sur les tentes le 10 juillet, ce n'est pas si courant que ça. A mon arrivé le temps était un peu pertubé, mais le soleil semblait dominé la journée. Pour ma part, j'avais besoin de faire un somme, et de faire un tour chez le coiffeur. J'ai appris au cours de la conversation avec la coiffeuse, à peu près tout les potins du coins, et en particulier du soucis quotidien des guides de la Vallouise. Je put apprendre ainsi, que l'enneigement de printemps avait fait défaut sur le glacier blanc, et qu'il était dramatiquement crevassé (se révélera pas si dramatique que cela).
...
Que neni ! Entrecoupé d'eclaircie et de pluie fine, le climat de l'Oisans ne m'effraye pas. Il faut dire qu'on est en plein sur le bord du mauvais temps ...comme d'habitude.
A 16H00 je traverse le Celse Niere avec Romain, le jeune grimpeur assez motivé. Nous rejoignons la petite sente qui va vers la fissure d'Ailefroide. J'oblique à gauche, et je pose ma corde et mon petit sac au pied d'A tire d'Ailes froides.Une pluie fine tombe, mais le rocher reste étonnement sec.
Je m'encorde, Romain m'imite. Une fois le matériel bien ordonné, je m'élance dans la voie. Je retrouve enfin ce beau granite bien adhérent.
La première longueur est la plus dure, et il faut bien avouer, la plus jolie car c'est le moment où on rentre dans la paroi. Après quelques minutes, l'escalade se fait sur un rocher très sec. Il ne pleut plus et le ciel se dégage.
Romain grimpe assez vite, redescendre après cette première longueur n'est plus nécessaire et la météo ne pose plus de problèmes pour continuer la voie. Inespérer vu la pluie au départ. Au fur a mesure que les longueurs s'enchaînent, un soleil radieux s'étire sur les montagnes et commence a enflammé les montagnes quand nous atteingnons le sommet de la voie.
Je suis étonné par la rapidité des manoeuvres avec Romain, vu que nous ne nous connaissions pas il a 8 heures. Comme quoi, les clubs FFME comme le RSCC peuvent être aussi de bonnes structures pour progresser vers l'autonomie.
Le choix de la descente est automatique. A pied. Il est sans problème, le passage du ravin est maintenant équipé de cable depuis l'accident mortel dans le ravin. Il est 20 heures quand nous revenons au camps où nous attend un repas préparer avec gentillesse...
Voici une journée qui s'achève avec la onzième de cette voie (calcul approximatif), et une première pour Romain.
Source : Escalades autour d'Ailfroide de Jean Michel Cambon (Edition juin 2007)

Ailefroide dans les années
1920

Ailefroide dans les années 1930

Ailefroide dans les années 40
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